XERSMOKE — PL0XI0N Olfactif de XERB0XI0N
Paramètres complets pour la modélisation de la chaîne olfactive
Résumé
Papier recensant tous les paramètres physiques, chimiques et technologiques de la chaîne olfactive, de la combustion à la restitution à distance d'un profil aromatique. Six blocs : source (combustion, ~5000 composés), voies respiratoires, filtration en milieu poreux (Darcy, Carman-Kozeny), capture par nez électronique (vecteur signature, classification), transmission (on envoie le vecteur, pas l'odeur), restitution (mélange de cartouches, NNLS). Chaque paramètre est nommé, typé, borné et associé à ses équations.
§1Objet du papier
Ce document recense tous les paramètres physiques, chimiques, biologiques et technologiques de la chaîne olfactive complète, depuis la combustion d’une substance jusqu’à la restitution à distance d’un profil aromatique. Chaque paramètre est nommé, typé, borné et associé aux équations fondamentales qui le gouvernent. L’objectif est de fournir le socle pour écrire des fonctions mathématiques, des séries, des séquences et des modèles probabilistes sur un objet réel : la fumée, son analyse, sa transmission, sa reconstruction.
La chaîne se découpe en six blocs :
1. SOURCE — la combustion et ce qu’elle produit
2. VOIES — le système respiratoire humain et ses paramètres
3. FILTRE — la physique de la filtration en milieu poreux
4. CAPTURE — le nez électronique (e-nose) et ses capteurs
5. TRANSMISSION — encoder, transmettre, décoder un profil olfactif
6. RESTITUTION — reconstruire une odeur à partir de cartouches de base Chaque bloc est autonome. L’ensemble forme un PL0XI0N complet.
§2SOURCE — La combustion et ce qu’elle produit
1.1 Zones thermiques d’une cigarette en combustion Une cigarette allumée n’est pas uniforme. Elle contient trois zones distinctes avec des paramètres physiques radicalement différents.
Zone de combustion (exothermique)
Paramètre Symbole Valeur Unité
Température maximale (pendant la bouffée) T_max 700 — 950 °C
Taux de chauffe maximal dT/dt jusqu’à 500 °C/s
Concentration O₂ [O₂] ~0 (quasi-épuisé) % v/v
Produits dominants — CO, CO₂, H₂, H₂O, NO —
Dans cette zone, l’oxygène réagit avec le tabac carbonisé pour produire des gaz simples et la chaleur qui entretient la combustion.
Zone de pyrolyse / distillation (endothermique)
Paramètre Symbole Valeur Unité
Température T_pyr 100 — 600 °C
Taux de chauffe dT/dt 10 — 50 °C/s
Concentration O₂ [O₂] 5 — 20 % v/v
Produits dominants — ~5000 composés chimiques —
C’est dans cette zone que la grande majorité des composés de la fumée sont générés. Le tabac se dégrade thermiquement sans combustion complète.
Zone de condensation / filtration
Paramètre Symbole Valeur Unité
Température T_cond ambiante — 60 °C
Processus dominant — condensation des vapeurs en aérosol —
Pression partielle O₂ ppO₂ < atmosphérique (diffusion lente) atm
La vapeur sursaturée se refroidit en quelques millisecondes et condense en particules d’aérosol qui constituent la fumée visible.
1.2 Composition chimique de la fumée La fumée mainstream (inhalée par le fumeur) est un aérosol complexe.
Grandeurs globales
Paramètre Valeur
Nombre total de composés identifiés > 8000
Dont COV (composés organiques volatils) dans la phase gazeuse 400 — 500
Dont toxiques identifiés > 100
Phases gazeuse + particulaire
Composés clés de la phase gazeuse (COV principaux)
Composé Formule Famille chimique Rôle pour le e-nose
Isoprène C₅H₈ hydrocarbure marqueur majeur, plus abondant
Benzène C₆H₆ aromatique toxique de référence
Toluène C₇H₈ aromatique profil aromatique
1,3-butadiène C₄H₆ diène cancérigène
Acrylonitrile C₃H₃N nitrile marqueur de pyrolyse
Acétaldéhyde C₂H₄O aldéhyde très abondant
Formaldéhyde CH₂O aldéhyde cancérigène
Acroléine C₃H₄O aldéhyde irritant majeur
Styrène C₈H₈ aromatique profil industriel
Éthylbenzène C₈H₁₀ aromatique coproduit du styrène
Monoxyde de carbone CO gaz combustion incomplète
Oxyde nitrique NO gaz ~0.5 mg/cigarette
Familles chimiques dans la phase gazeuse (classification structurale)
Les ~500 COV se répartissent en : hydrocarbures aromatiques, carbonyles (aldéhydes et cétones), hydrocarbures aliphatiques, nitriles, acides, bases, furanes, esters. Cette classification est fondamentale pour le e-nose : chaque famille active différemment un type de capteur.
Additifs courants dans le tabac (la liste des 599)
Les fabricants ajoutent des extraits naturels et des composés individuels qui modifient le profil aromatique : anis, casse, cèdre, chocolat, cannelle, gingembre, lavande, réglisse, muscade, menthe, valériane, vanille, menthol, anéthol, β-caryophyllène, caféine, acétate d’éthyle, γ-décalactone, entre autres. Ces additifs constituent une variable de formulation que le testeur évalue.
1.3 Paramètres de fumage (protocoles machine) Les laboratoires utilisent des protocoles standardisés pour mesurer les émissions.
Paramètre ISO (non-intense) CI (intense) Unité
Volume de la bouffée 35 55 mL
Durée de la bouffée 2 2 s
Intervalle entre bouffées 60 30 s
Ventilation du filtre non bloquée bloquée —
Ces paramètres sont les entrées d’une fonction de production de fumée. Modifier le volume ou l’intervalle change le profil chimique de sortie de manière non linéaire.
1.4 Capsules aromatiques (produits à capsule) Les cigarettes à capsule (FCC) ajoutent une variable discrète : avant/après cassure de la capsule. Les concentrations de COV augmentent de 1,10 à 1,58 fois pour le benzène et de 1,30 à 1,53 fois pour l’acétonitrile après cassure. Le TVOC total est environ 1,4 fois plus élevé dans les FCC que dans les cigarettes de référence. C’est un paramètre binaire (capsule intacte / cassée) avec un effet multiplicatif mesurable.
§3VOIES — Le système respiratoire humain
2.1 Architecture des voies respiratoires Le système respiratoire est le “hardware” qui traite la fumée. Ses paramètres définissent les contraintes physiologiques de toute la chaîne.
Paramètres anatomiques
Paramètre Symbole Valeur Unité
Surface alvéolaire totale A_alv ~70 m²
Nombre d’alvéoles N_alv ~300 × 10⁶ —
Diamètre moyen d’une alvéole d_alv ~200 — 300 µm
Épaisseur de la membrane alvéolo-capillaire δ_m ~0.5 µm
Volume de l’espace mort anatomique V_D ~150 mL
Paramètres ventilatoires
Paramètre Symbole Valeur (repos) Unité
Volume courant (tidal ~500 ( ), ~400 V_T ♂ mL volume) ( ) ♀
Fréquence respiratoire f 12 — 20 respirations/min
Ventilation minute V_E = V_T × f ~6000 — 8000 mL/min
V_A = f × (V_T −
Ventilation alvéolaire ~4200 mL/min V_D)
Volume résiduel V_R ~1200 — 1500 mL
Capacité vitale CV ~4500 mL
Capacité pulmonaire totale CPT ~6000 mL
Volume de réserve VRI ~2500 mL inspiratoire
Volume de réserve VRE ~1200 — 1500 mL expiratoire
Équations fondamentales
Ventilation minute : V_E = V_T × f
Ventilation alvéolaire (le vrai débit utile pour les échanges gazeux) : V_A = f × (V_T − V_D)
Quotient respiratoire (ratio CO₂ produit / O₂ consommé) : RQ = V_CO₂ / V_O₂ RQ = 0.8 pour un régime mixte, 1.0 pour glucides purs, 0.7 pour lipides purs.
2.2 Absorption et échange gazeux
Paramètre Symbole Valeur Unité
Capacité de transport O₂ du sang — ~20 mL O₂ / 100 mL sang
Capacité de transport CO₂ du sang — 3—7 mL CO₂ / 100 mL sang
Hémoglobine [Hb] ~15 g / 100 mL sang
ppO₂ alvéolaire (normal) ppO₂ ~100 mmHg
ppCO₂ alvéolaire (normal) ppCO₂ ~40 mmHg
ppO₂ sang veineux mêlé ppO₂_v ~40 mmHg
ppCO₂ sang veineux mêlé ppCO₂_v ~46 mmHg
La diffusion à travers la membrane alvéolaire suit la loi de Fick : V_gaz = (A × D × ΔP) / δ
Où A = surface, D = coefficient de diffusion du gaz, ΔP = différence de pression partielle, δ = épaisseur de la membrane. C’est une fonction linéaire de la surface et du gradient de pression, inversement proportionnelle à l’épaisseur.
2.3 Voies d’entrée spécifiques (mapping sensoriel)
Voie Fonction principale Paramètres clés
Absorption directe dans le Surface de l’épithélium olfactif : ~5 cm²,
Nez sang, rétro-olfaction (80% du ~400 types de récepteurs olfactifs, seuils (muqueuse goût perçu), neurones olfactifs de détection : 0.1 ppb (e-nose) à 10⁻⁶ ppb nasale) exposés (animal)
Goût de base
Bouche / 5 modalités gustatives, température (sucré/salé/acide/amer/umami), langue perçue texture, température
Point d’irritation, sensation de Température du flux, concentration en
Gorge “hit” acroléine/formaldéhyde
Absorption massive, durée A_alv = 70 m², temps de contact ~quelques
Poumons d’exposition secondes
Dents / pH de la fumée, concentration en Contact avec le goudron, pH gencives particules
2.4 Olfaction humaine — paramètres de détection
Paramètre Valeur Unité
Nombre de types de récepteurs olfactifs ~400 —
Nombre de neurones olfactifs ~6 × 10⁶ —
Seuil de détection moyen (n-butanol) ~22.5 ± 13.7 ppb
Seuil le plus bas mesuré (helional) ~0.14 ppb
Seuil animal (comparaison) jusqu’à 10⁻⁶ ppb
Temps de réponse olfactive ~100 — 150 ms
Le seuil de détection comportemental est déterminé par le récepteur de plus haute affinité pour un odorant donné. Les autres récepteurs sensibles ne contribuent pas à abaisser le seuil davantage. C’est un résultat fondamental pour la modélisation : la détection est un phénomène de max, pas de somme.
§4FILTRE — Physique de la filtration en milieu poreux
3.1 Loi de Darcy (régime laminaire) Le débit d’un fluide (gaz ou liquide) à travers un milieu poreux est régi par la loi de Darcy :
Q = (κ / η) × (ΔP / L)
Symbole Paramètre Unité
Q flux volumique par unité de surface (Darcy flux) m³·m⁻²·s⁻¹
κ perméabilité intrinsèque du milieu m²
η viscosité dynamique du fluide Pa·s
ΔP chute de pression à travers le filtre Pa
L épaisseur du filtre m
A section transversale du filtre m²
Sous forme intégrale pour le débit total : Q_total = (κ × A × ΔP) / (η × L)
3.2 Perméabilité — relation de Carman-Kozeny La perméabilité n’est pas une constante matérielle fixe, elle dépend de la microstructure du filtre :
κ = (r_p² × φ³) / (k_CK × (1 − φ)²)
Symbole Paramètre Valeur typique Unité
r_p rayon moyen des particules/pores variable m
φ porosité (fraction de vide) 0—1 sans unité
k_CK constante de Carman-Kozeny 35 — 50 sans unité
Étude de cette fonction :
φ → 0 : κ → 0 (matériau solide, rien ne passe)
φ → 1 : κ → ∞ (pas de matériau, pas de filtre)
La dérivée dκ/dφ donne la porosité optimale
C’est un ratio de fonctions polynomiales : idéal pour étudier dérivées, limites,
asymptotes
3.3 Régime non-laminaire — équation de Forchheimer Quand le débit augmente, les effets inertiels deviennent significatifs. On ajoute un terme quadratique :
ΔP/L = (µ × V) / K_D + (ρ × V²) / K_F
Symbole Paramètre Unité
V vitesse du fluide m/s
µ viscosité dynamique Pa·s
ρ masse volumique du fluide kg/m³
K_D perméabilité de Darcy m²
K_F perméabilité de Forchheimer (inertielle) m
C’est une parabole en V. Le terme linéaire domine à basse vitesse (Darcy), le terme quadratique domine à haute vitesse. Transition déterminée par le nombre de Reynolds poreux.
3.4 Paramètres de filtre de cigarette
Paramètre Valeur typique Unité
Matériau acétate de cellulose —
Longueur du filtre 20 — 30 mm
Diamètre 7—8 mm
Charge de charbon actif (filtres enrichis) 45 — 180 mg
Efficacité de rétention COV (charbon actif) variable par composé %
4. CAPTURE — Le nez électronique (e-nose) 4.1 Architecture d’un e-nose Un e-nose est constitué de trois couches :
- Un réseau de capteurs (sensor array), chacun partiellement sélectif à une famille de COV
2. Un module de traitement du signal (prétraitement, extraction de features)
§5Un classificateur (pattern recognition, machine learning)
4.2 Types de capteurs
Sensibilité
Type Abréviation Principe de mesure typique
Oxyde métallique semi- Changement de résistance par MOS/MOX ppb — ppm conducteur adsorption de gaz
Polymère conducteur CPS Changement de résistance ppm
Changement de fréquence par
Microbalance à quartz QCM/QCMS ppb masse adsorbée
Ondes acoustiques de Changement de SAW/SAWS ppb surface fréquence/phase
Courant/tension par réaction
Électrochimique ES ppb — ppm électrochimique
Changement
Optique OGS ppb d’absorption/fluorescence
Les capteurs MOS (SnO₂ comme couche sensible typique) dominent les e-nose portables : bon marché, miniaturisables, large gamme de détection. Leur limite : faible sélectivité individuelle (chaque capteur répond à plusieurs gaz). C’est précisément pourquoi on utilise un réseau.
4.3 Paramètres du réseau de capteurs
Paramètre Symbole Valeur typique Unité
Nombre de capteurs dans le réseau N 3 — 16+ —
Épaisseur de la couche sensible δ_s 80 — 100 nm
Résolution ADC — 12 bits
Coefficient de variation (répétabilité) CV < 10% —
Temps de réponse t_r secondes s
Température de fonctionnement (MOS) T_op 200 — 400 °C
4.4 Le vecteur signature (output fondamental) Pour une mesure donnée, chaque capteur i produit une réponse R_i. L’ensemble des réponses forme un vecteur à N dimensions :
v = (R₁, R₂, …, R_N)
Ce vecteur EST l’empreinte chimique de l’échantillon. Deux échantillons identiques produisent des vecteurs proches. Deux échantillons différents produisent des vecteurs éloignés. C’est le fondement de toute la chaîne.
4.5 Maths du vecteur signature Norme (magnitude du signal total) : ‖v‖ = √(R₁² + R₂² + … + R_N²)
Distance euclidienne entre deux profils a et b : d(a, b) = √(Ʃᵢ (aᵢ − bᵢ)²)
Produit scalaire (corrélation entre profils) : a · b = Ʃᵢ aᵢ × bᵢ
Cosinus de similarité (angle entre deux vecteurs, indépendant de l’intensité) : cos θ = (a · b) / (‖a‖ × ‖b‖)
Pourquoi le cosinus est crucial : deux échantillons du même tabac à des concentrations différentes auront des vecteurs de normes différentes mais des angles proches. Le cosinus capture l’identité aromatique indépendamment de l’intensité.
4.6 Classification — probabilités Pour identifier un échantillon inconnu x parmi K références connues {r₁, …, r_K}, on calcule les distances d(x, rₖ) puis on convertit en probabilités par softmax :
P(k | x) = exp(−d(x, rₖ) / T) / Ʃⱼ exp(−d(x, rⱼ) / T)
Où T est un paramètre de température qui contrôle la “netteté” de la classification : T petit → décision tranchée, T grand → distribution plus uniforme.
C’est une distribution de probabilités sur les K classes. La somme = 1. Le max donne le verdict.
4.7 Méthodes de classification (machine learning)
Méthode Type Usage dans le e-nose
PCA (analyse en composantes Réduction de Visualiser les clusters en principales) dimension 2D/3D
Classification Simple, performant sur petits
k-NN (k plus proches voisins) supervisée datasets
SVM (machines à vecteurs de Classification Frontières non-linéaires entre support) supervisée classes
Classification Features temporelles et
ANN / CNN (réseaux de neurones)
supervisée fréquentielles
Classification
Random Forest Robuste, interprétable supervisée
4.8 Problèmes spécifiques à la fumée
Problème Impact
> 400, beaucoup plus complexe qu’un aliment (~10-
Nombre de COV simultanés 50)
Drift des capteurs dans le temps Les réponses changent, calibration nécessaire
Humidité et température Interfèrent avec les mesures MOS ambiantes
Reproductibilité du fumage Chaque bouffée est légèrement différente
§6TRANSMISSION — Encoder, transmettre, décoder
5.1 Format du paquet L’information transmise n’est pas l’odeur, c’est le vecteur :
Paquet = [R₁, R₂, …, R_N, timestamp, metadata]
Paramètre Valeur typique
Taille du vecteur N = 3 — 16 floats
Taille d’un float 4 octets (32 bits)
Taille totale du paquet < 1 Ko
Latence réseau (5G) < 10 ms
Bande passante requise négligeable
C’est l’argument massue du concept : on n’envoie pas un flux chimique, on envoie quelques nombres. La bande passante d’une odeur est infiniment plus petite que celle d’une vidéo.
5.2 Protocole d’adressage (la bulle de réel) Chaque utilisateur possède une bulle olfactive adressable. Modèle réseau :
Paramètre Description
ID_source identifiant de l’émetteur
ID_target identifiant du récepteur (unicast) ou groupe (multicast)
mode direct / broadcast / channel
permissions whitelist, blacklist, opt-in par défaut
TTL durée de vie de l’odeur dans la bulle
intensité coefficient multiplicateur (0.0 — 1.0)
Fonctionnement :
Par défaut, la bulle est fermée (opt-in)
Un envoi direct nécessite l’acceptation du récepteur
Un channel (comme un salon Discord) est opt-in collectif
Le récepteur peut ajuster l’intensité ou couper à tout moment
5.3 Compression et fidélité Si N capteurs mesurent des valeurs sur 12 bits, le signal brut = N × 12 bits. La PCA peut réduire la dimension à 2-3 composantes principales pour 80-95% de la variance expliquée. Compromis compression / fidélité quantifiable par la variance résiduelle.
§7RESTITUTION — Reconstruire une odeur
6.1 Architecture d’un diffuseur olfactif (olfactory display) Un diffuseur olfactif reconstruit une odeur en mélangeant K cartouches de base, chacune contenant un composé aromatique pur ou un mélange simple.
Composant Fonction
Cartouches de base (K = 4 — 8+) Réservoirs d’odorants de référence
Micropompes piézoélectriques Contrôle du débit par cartouche
Chambre de mélange Mélange des flux d’air odorisé
Diffuseur / buse Dirige le mélange vers les narines
Vannes anti-retour passives Empêchent les fuites et contaminations croisées
Brevets et systèmes existants utilisent des pompes piézoélectriques, des têtes d’impression inkjet pour microdoses, ou des pompes électro-osmotiques. Certains systèmes sont portables et montés sur la tête, d’autres sont de bureau.
6.2 La combinaison linéaire (l’équation de restitution) Reconstruire une odeur = trouver les coefficients de mélange des K cartouches de base qui reproduisent le vecteur cible.
Si les K cartouches ont des profils connus {b₁, …, b_K} (vecteurs à N dimensions), alors la reconstruction du vecteur cible v est :
v_recon = Ʃₖ αₖ × bₖ
Où αₖ ≥ 0 sont les coefficients de mélange (proportions de chaque cartouche).
L’erreur de reconstruction : ε = ‖v − v_recon‖
C’est un problème d’optimisation sous contrainte : minimiser ε sous αₖ ≥ 0 et Ʃ αₖ = 1 (ou autre normalisation selon le système). C’est des moindres carrés non-négatifs (NNLS).
6.3 Paramètres du diffuseur
Paramètre Symbole Valeur typique Unité
Nombre de cartouches K 4—8 —
Volume de microdose (inkjet) V_drop ~picolitres pL
Temps de réponse (émission → t_resp ~ms à dizaines de ms ms perception)
dépend de la résolution de la
Gamme dynamique du mélange DR — pompe
Débit d’air porteur Q_air contrôlé par micropompe mL/s
continu / intermittent /
Mode d’émission — —
synchronisé
6.4 Limites de la restitution
Limite Description
Nombre de cartouches < K = 8 ne peut pas reconstruire 400+ COV nombre de COV
Adaptation olfactive Le nez s’habitue à une odeur continue en ~minutes
Contamination croisée Les résidus d’une odeur précédente persistent
Fidélité perceptive vs Deux mélanges chimiquement différents peuvent sentir chimique pareil (métamérisme olfactif)
Le métamérisme olfactif est l’équivalent du métamérisme visuel (deux spectres différents perçus comme la même couleur). C’est une feature, pas un bug : on n’a pas besoin de recréer les 400 COV, juste de produire un mélange qui active les mêmes récepteurs olfactifs.
§8PARAMÈTRES CROISÉS — Relations inter-blocs
7.1 De la source au vecteur La composition chimique de la fumée (bloc 1) détermine la réponse du e-nose (bloc 4). La relation n’est pas linéaire : chaque capteur MOS a une loi de puissance (power law) qui relie la concentration du gaz à la variation de résistance :
ΔR/R₀ = a × [C]^n
Où [C] est la concentration, a est un facteur de sensibilité, et n est un exposant (typiquement 0.3 — 0.6 pour les MOS). C’est une fonction puissance : logarithmes, exposants, études de fonctions non-linéaires.
7.2 Du filtre au vecteur La physique du filtre (bloc 3) modifie le profil chimique avant capture. Un filtre à charbon actif retient préférentiellement certains COV. L’efficacité de rétention dépend du composé, de la quantité de charbon, et du débit. Le vecteur mesuré par le e-nose est donc :
v_mesuré = f(v_source, filtre)
Où f est une fonction de transfert du filtre, potentiellement modélisable comme un vecteur d’atténuation par composante.
7.3 De la physiologie à la contrainte Les paramètres physiologiques (bloc 2) définissent les limites du système : la ventilation minute donne le débit maximal d’air qu’on peut passer à travers un filtre ou un masque sans inconfort. La relation Darcy + paramètres respiratoires donne :
ΔP_max = (η × L × V_E) / (κ × A × 60)
Si ΔP dépasse ~100 Pa, la respiration devient inconfortable. C’est une contrainte d’inégalité sur la conception du filtre/masque.
§9RÉCAPITULATIF — Table des paramètres maîtres
Paramètre Symbole Bloc Type mathématique
1 Température de combustion T_max Source Scalaire, borné
2 Taux de chauffe dT/dt Source Dérivée
3 Concentration O₂ [O₂] Source Fraction, variable
4 Nombre de COV N_COV Source Entier, ~500
5 Surface alvéolaire A_alv Voies Constante, ~70 m²
6 Volume courant V_T Voies Variable, ~500 mL
7 Fréquence respiratoire f Voies Variable, 12-20/min
8 Ventilation minute V_E Voies Produit V_T × f
9 Ventilation alvéolaire V_A Voies f × (V_T − V_D)
10 Quotient respiratoire RQ Voies Ratio, 0.7 — 1.0
11 Seuil olfactif C_seuil Voies Variable, ppb
12 Perméabilité κ Filtre Fonction de φ
13 Porosité φ Filtre Sans unité, 0 — 1
14 Viscosité η Filtre Scalaire, dépend de T
15 Chute de pression ΔP Filtre Pa, sortie de Darcy
16 Nombre de capteurs N Capture Entier, 3 — 16+
17 Vecteur signature v Capture Vecteur ∈ ℝ^N
18 Distance euclidienne d Capture Métrique ≥ 0
19 Cosinus de similarité cos θ Capture [−1, 1]
20 Probabilité (softmax) P(k) Capture [0, 1], Ʃ = 1
21 Température softmax T Capture Scalaire > 0
22 Taille du paquet — Transmission < 1 Ko
23 Latence réseau t_net Transmission < 10 ms
24 Nombre de cartouches K Restitution Entier, 4 — 8
25 Coefficients de mélange α_k Restitution ≥ 0, somme = 1
26 Erreur de reconstruction ε Restitution ≥0
27 Constante de Carman-Kozeny k_CK Filtre 35 — 50
28 Exposant de power law (MOS) n Capture 0.3 — 0.6
29 Capsule (intacte/cassée) — Source Binaire
30 Rayon des pores r_p Filtre m
§10MATHS DISPONIBLES PAR CHAPITRE D’EXAMEN
Sujet d’examen Paramètres du papier Exercice type
Fonctions, Étudier la fonction, trouver κ(φ) via Carman-Kozeny dérivées, limites l’extremum, tracer la courbe
Polynômes du Trouver les racines, sommet de la Forchheimer ΔP(V) 2nd degré parabole
Fonctions Linéariser en log-log, pente = Power law capteur MOS puissance / log exposant
Systèmes 0.2 ≤ ppO₂ ≤ 1.6, ppCO₂ ≤ Domaine de validité du masque d’inéquations 0.0293
Vecteurs v, ‖v‖, cos θ, d(a,b) Calculer distance/angle entre profils
Combinaison Reconstruire un vecteur comme v_recon = Ʃ αₖ bₖ linéaire mélange de bases
Softmax, distributions de Calculer P(clope A | mesure),
Probabilités confiance interpréter
Capacité finie du scrubber Suite arithmétique d’usure,
Suites et séries CO₂, drift capteur convergence
Bruit capteur, variabilité inter- Moyenne, écart-type, CV, intervalle
Statistiques mesures de confiance
Minimiser ε sous contrainte α
Optimisation Moindres carrés non-négatifs ≥0
Fonctions de Filtre comme atténuation par Composition de fonctions transfert composante
§11SOURCES
Baker, R.R. — Combustion and thermal decomposition regions inside a burning cigarette. ScienceDirect (1977/2003)
NCBI Bookshelf — Chemistry and Toxicology of Cigarette Smoke and Biomarkers of Exposure and Harm
FDA — Harmful and Potentially Harmful Constituents (HPHC) list
WHO TobReg — 9 toxicants sélectionnés pour la réglementation
Darcy’s Law — Wikipedia, DoITPoMS Cambridge
Carman-Kozeny — via analyse de filtres poreux (brevet USPTO)
Forchheimer — Tully et al., Murthy & Singh (arxiv 1602.09081)
Palacín et al. (2022) — Classification of Two Volatiles Using an eNose (MDPI Sensors)
StatPearls — Physiology, Tidal Volume (NCBI)
TeachMePhysiology — Lung Volumes & Capacities
Duke Histology — Respiratory System Physiology
Aromajoin — Digital scent transmission protocols
Nature Communications (2024) — Millisecondes-scale olfactory actuators
Nature Communications (2018) — Single olfactory receptors set odor detection thresholds
BIOPAC SDS200 — Scent Delivery System specifications
ACM Computing Surveys — Review of Olfactory Display Designs for VR
Springer (2025) — Advances in olfactory displays for multisensory immersion
Document vivant. Les valeurs marquées “typique” sont des ordres de grandeur issus de la littérature. Les données terrain du testeur remplaceront progressivement les placeholder.
ne pas nuire
Statut : draft · Licence : AGPL-3.0
· 09.06.2026 · ploxion-olfactif